Guide pratique

Badgeuse, pointeuse :
ce que dit le RGPD.

Suivre le temps de travail des salariés est légitime, mais une badgeuse traite des données personnelles comme n'importe quel autre outil. Finalité, information, consultation du CSE : ce qui encadre sa mise en place, et l'usage à ne pas en faire.

Le cadre

Une finalité précise, et rien de plus.

Les données de badgeage — heures d'arrivée, de départ, de pause — sont des données personnelles au sens du RGPD dès lors qu'elles sont rattachées à un salarié identifié. Leur traitement doit donc reposer sur une finalité précise, déclarée à l'avance : en pratique, le contrôle du temps de travail et la gestion de la paie.

Le principe de proportionnalité s'applique directement : l'outil et les données collectées doivent être adaptés à cette finalité, sans aller au-delà. Une badgeuse mise en place pour suivre le temps de travail ne peut pas, sans base ni justification nouvelle, servir à autre chose.

Les formalités

Trois étapes avant la mise en place.

Installer une badgeuse ne se limite pas à un choix technique : c'est un traitement de données qui s'accompagne d'obligations.

Information des salariés

Chaque salarié doit être informé de la mise en place du dispositif, de sa finalité et de ses modalités, avant son entrée en service.

Consultation du CSE

Lorsque l'entreprise dispose d'un CSE, celui-ci doit être consulté avant la mise en place d'un dispositif de contrôle de l'activité des salariés.

Registre des traitements

Le traitement des données de badgeage doit figurer dans le registre des traitements, avec sa finalité, sa base légale et sa durée de conservation.

Proportionnalité

L'outil retenu et les données collectées doivent rester en adéquation avec la seule finalité déclarée : le suivi du temps de travail.

À éviter

Le détournement de finalité, principal point de vigilance.

Le risque le plus fréquent n'est pas l'installation de l'outil, mais son usage une fois en place. Si la badgeuse a été déclarée pour contrôler le temps de travail, ses données ne peuvent pas être exploitées, sans nouvelle base ni nouvelle information des salariés, pour évaluer ou surveiller la productivité individuelle.

Ce type d'usage disproportionné, non prévu au moment de la mise en place du dispositif, expose l'entreprise en cas de contrôle : c'est l'écart entre la finalité déclarée et l'usage réel qui est examiné, bien plus que l'outil lui-même.

Votre dispositif de badgeage tiendrait-il un contrôle ?

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Faire le point avec nous

Contenu à visée informative, à jour au moment de sa rédaction. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé au sens de la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 — chaque situation mérite une analyse dédiée.